Poignet et tendinite

Pour commencer, définissons la tendinite. Qu'elle survienne au poignet, au coude ou à l'épaule, la tendinite est l'inflammation d'un tendon. Le tendon est la portion du muscle qui l'attache à l'os.  Lorsque le muscle se contracte, il permet aux os de bouger par traction sur ces tendons.

Anatomie :

Sous la peau du poignet, on retrouve des os, des ligaments qui stabilisent l'articulation, des nerfs qui transportent l'information électrique, des tendons pour la mobilité du poignet et de la main et des fascias (enveloppes qui entourent le tout).

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Regardons en détail les tendons.  Ils se localisent partout autour du poignet, mais plus particulièrement dans le tunnel carpien.  Ce canal de 3 mm de diamètre est localisé à la face palmaire du poignet en avant des os du carpe, les 8 petits os du poignet.  Chaque tendon est constitué de fibrilles de collagène.  Ils ressemblent à des fils de nylon, blanc nacré, baignant dans une substance gélatineuse fournissant les éléments nutritifs.

Les ligaments, quant à eux, unissent deux os et sont faits de fibres très résistantes et peu extensibles.  Les différences essentielles entre ligaments et tendons sont que les ligaments sont en général très courts et servent à stabiliser une articulation pour  éviter qu'un mouvement se fasse en dehors des amplitudes normales.  Lorsqu'ils sont étirés ou déchirés, il en résulte une entorse. 

Les tendons pour leur part, étant localisés aux extrémités des muscles vont, au contraire, permettre le mouvement. Lorsqu'ils sont trop sollicités, avec trop d'intensité, trop de répétitions ou dans une orientation inhabituelle, il peut en résulter une tendinite. Pour éviter un excès de frottement, les tendons glissent lors de la contraction des muscles, à l'intérieur d'une gaine synoviale.  Cette gaine de protection, sécrète une substance, la synovie, qui facilite le mouvement.

Les tendons sont mal desservis par la circulation sanguine, ils le sont seulement au pourtour.  Lors d'une blessure, les matériaux de réparation sont donc plus difficilement accessibles et les déchets moins rapidement éliminés.

Au repos, les tendons des mains et des poignets sont détendus.  Mais ils s’activent intensément lorsque vous tapez au clavier, jouez du violoncelle, coupez des légumes, fendez du bois, faites du jardinage, découpage, etc.  Les problèmes surviennent lorsque la capacité de résistance des tendons est dépassée. Un geste trop brusque, un coup sec, une longue répétition de gestes inhabituels, souvent exécutés dans une position contraignante et voilà la tendinite.

Il peut y avoir alors une irritation soit à l'attache du tendon sur l'os, soit à la jonction entre le tendon et le muscle, soit à l'intérieur d'une gaine synoviale où glisse le tendon.

Il y a alors rupture du collagène, si la rupture est petite, la personne ne sent que peu ou pas de douleur, l'inflammation sera légère. Mais avec une irritation et des déchirures plus importantes, l'inflammation et donc l'enflure peuvent devenir si importantes qu'il peut y avoir compression à l'intérieur du canal carpien.   Les   nerfs et vaisseaux sanguins passant à l'intérieur de ce canal peuvent alors être comprimés, entraînant douleur, engourdissements et faiblesse musculaire à la main et à l'avant-bras.

Inflammation:

Les tendons sont constitués de fibrilles de collagène qui peuvent se rompre lors de blessures et causer ainsi une tendinite, et ce, non seulement au poignet mais presque partout dans le corps.

Si la rupture est de taille, l'organisme lance un appel de détresse : l'inflammation.  La circulation sanguine et certains groupes de cellules sont alors mis à contribution.

En fait, la guérison a lieu en trois étapes :

• La phase inflammatoire proprement dite
• La phase de fibroplasie
• La phase de remodelage

La phase inflammatoire dure de 2 à 5  jours.  Le sang se coagule et les cellules macrophages viennent nettoyer la zone blessée et la débarrassent des cellules mortes.

La deuxième phase, la fibroplasie dure 21 jours.  Les fibroblastes fabriquent et déposent du collagène, substance réparatrice.  Cette substance est fragile comme du ciment frais coulé, la personne blessée doit donc respecter une période de repos.  Il faudra 21 jours avant que le "ciment" soit sec.

La dernière phase, dite de remodelage, doit être associée à des exercices.  C'est une étape décisive qui dure elle aussi trois semaines.  Les fibroblastes ont déposé le matériel rapidement, mais il doit maintenant être orienté dans le sens des lignes de tension pour devenir fonctionnel et résistant.  Alors les fibroblastes éliminent un petit bout de collagène ici, en rajoutant là, juste dans la ligne de force.  Et pour cela, l'articulation, avec ses muscles et tendons doit bouger.

Si, une fois  le "ciment" solidifié, la personne ne fait pas d'exercices, ne reprend pas ses activités normales, il peut y avoir une cicatrisation fibreuse, de faible qualité.  Conséquence: le tendon ne pourra pas retrouver sa capacité de résistance, parce que les fibres sont toutes pêle-mêle dans la cicatrice qui restera plus fragile. La rééducation physiothérapique prend donc ici toute son importance.

Guérison et traitement :

Le rôle du physiothérapeute dans la guérison de cette tendinite se situe à plusieurs niveaux.

1. Diagnostic: Souvent il sera déjà établi par le médecin, premier intervenant auprès du patient. Mais l'examen clinique et le questionnaire sont capitaux pour évaluer l'ampleur des dégâts. Intensité, durée, mode d'apparition, sont des informations que le physiothérapeute analysera.

2. Intervention: Selon l'information obtenue et en accord avec l'intervention déterminée par le médecin, une immobilisation sera envisagée, qui peut aller jusqu'à quatre semaines.  Près d'une semaine pour la phase inflammatoire puis jusqu'à trois semaines pour la phase de fibroplasie pendant laquelle le collagène de réparation est déposé. L’immobilisation complète n’est toutefois que rarement nécessaire, habituellement un repos relatif est suffisant.

3. Exercices: vient ensuite la phase importante de remodelage. Pour que les nouvelles fibres soient bien orientées, l'articulation et les tendons doivent se remettre à bouger. De cette façon les fibroblastes peuvent éliminer et rajouter du matériel exactement dans l'alignement des lignes de force. Le patient débute donc avec des exercices spécifiques visant des orientations données. On complète par la suite avec des exercices généraux qui vont rechercher les mouvements effectués dans les tâches quotidiennes de travail et de sport.

4. Prévention: par l'analyse des activités, le physiothérapeute avec des conseils adaptés s'assure que le patient évite une éventuelle rechute.